KINDU – décembre 2025, une scène d’une confusion rare a secoué le tarmac de l’aéroport national de Kindu. Un incident impliquant le Gouverneur de la province du Maniema, Musa Kabwankubi Moïse, et l’équipage de la compagnie nationale Air Congo, a plongé les passagers dans une psychose collective, mettant à mal l’image de l’aviation civile congolaise.
Un départ avorté sous haute tension
Alors que l'appareil de la compagnie publique Air Congo, fleuron de l’aviation d’État assurant les liaisons nationales et internationales, s’apprêtait à décoller pour Kinshasa, l’imprévu a surgi de la cabine passagers. À bord, le Gouverneur Musa Kabwankubi Moïse, en partance pour la capitale, a soudainement exigé de débarquer.
Selon des témoins oculaires, l'autorité provinciale aurait exprimé de vives inquiétudes sur l'état technique de l'avion, qualifiant l'appareil de « lambeau » et de « vieillissant ». Ce revirement est survenu alors que les procédures de sécurité étaient déjà engagées et que l'escalier d'assistance avait été détaché du fuselage.
Une psychose généralisée et des scènes de chaos
Face au refus initial de l'équipage de faire revenir l'escalier pour des raisons de protocoles de vol, le Gouverneur a haussé le ton, blâmant ouvertement le personnel de bord. Cette altercation publique, venant de la plus haute autorité de la province, a immédiatement semé la terreur parmi les autres passagers. Convaincus par les propos du Gouverneur que l'avion présentait un danger de mort, les voyageurs ont été pris de panique.
Le commandant de bord, devant l'escalade de la tension, a finalement ordonné le débarquement du Gouverneur et de sa suite. Cependant, le mal était fait : l'ensemble des passagers a alors exigé de descendre, refusant de voyager à bord d'un appareil ainsi discrédité.
Dans un climat de confusion totale, et alors que le commandant tentait de maintenir l'exploitation du vol pour éviter un retour à vide vers Kinshasa, des scènes de désespoir ont été observées. Des passagers, craignant de rester bloqués dans un avion qu'ils jugeaient désormais condamné, ont tenté de se jeter hors de l'appareil par la porte, alors même que l'escalier n'était plus en place.
Un acte aux lourdes conséquences politiques
Cet incident soulève une vague d'indignation au sein de l'opinion publique. En agissant de la sorte, le Gouverneur Musa Kabwankubi Moïse est accusé par de nombreux observateurs de porter atteinte à l'image de marque du gouvernement central et de la vision du Président de la République Démocratique du Congo, qui a fait de la relance de la compagnie nationale une priorité.
« Comment un représentant de l'État peut-il humilier publiquement une institution publique comme Air Congo ? », s'interroge un passager encore sous le choc. En qualifiant les outils de transport de l'État de dégradés sans expertise technique préalable, l'autorité provinciale a non seulement créé un trouble à l'ordre public, mais a également porté un coup dur à la confiance des usagers envers l'aviation nationale.
Quel avenir pour la gouvernance au Maniema ?
Aujourd'hui, une question brûlante circule dans les rues de Kindu et dans les salons politiques de Kinshasa : un dirigeant capable de créer une telle psychose et de discréditer les institutions qu'il est censé représenter mérite-t-il encore de présider aux destinées de la province du Maniema ?
Alors que les autorités de l'aviation civile (AAC) et le ministère des Transports sont attendus pour faire la lumière sur cet incident, l'image du Gouverneur sort durablement écornée de ce drame aéroportuaire
Réd : Gregoire T. +243998701392
