Quelques heures après la sortie médiatique du Président de la République Démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi, confirmant la tenue d'un dialogue national inclusif, les réactions se multiplient.
La dernière en date est celle d'un citoyen révolté qui prend l'opinion publique à témoin.
Elvis Tshimanga a à travers une correspondance ouverte adressée aux responsables ecclésiastiques exigé le boycott de tout dialogue impliquant les auteurs des massacres dans l'Est du pays.
« Messieurs les Pasteurs et Dirigeants ecclésiastiques, c’est avec une profonde amertume et un cœur meurtri que je m’adresse publiquement à vous aujourd’hui.
Alors que la République Démocratique du Congo continue de saigner à l'Est, que des millions de nos compatriotes sont massacrés, violés et chassés de leurs terres par des mouvements rebelles barbares, la voix et les orientations de votre institution résonnent comme une trahison envers le peuple que vous êtes censés guider et protéger », a-t-il déclaré.
S'adressant directement aux autorités religieuses, il poursuit : « Comment l’Église du Christ au Congo peut-elle cautionner, voire encourager, un énième dialogue visant à installer autour d’une table des criminels de guerre qui ont le sang de millions de Congolais sur les mains ?
Ouvrir la porte du dialogue à ces rebelles pour leur accorder des postes politiques et des privilèges au sein des institutions est une insulte inacceptable à la mémoire de nos martyrs. »
Pour Elvis Tshimanga, cette démarche ne fait que perpétuer un cycle infernal : tuer pour négocier, et négocier pour obtenir le pouvoir. En agissant ainsi, estime-t-il, l'Église condamne les victimes de l'Est à mourir une seconde fois dans l'oubli total, privées de justice, de réparations et de sanctions contre leurs bourreaux.
Selon lui, la mission de l’Église est de se tenir du côté des opprimés, de défendre les plus vulnérables et de proclamer la vérité et la justice. Pourtant, l'attitude actuelle des instances ecclésiastiques laisse penser qu'elles privilégient leurs propres intérêts, les avantages politiques et le confort des salons feutrés de Kinshasa au détriment de la vie humaine sacrée, arrachée chaque jour au Kivu, en Ituri et partout ailleurs.
« Le peuple congolais vous regarde. L’Histoire vous jugera. On ne bâtit pas une paix durable sur les cendres de l'impunité et sur le compromis avec le mal. Je vous demande solennellement de vous ressaisir et de rejeter catégoriquement tout dialogue qui accorderait une quelconque légitimité ou un pouvoir politique à ceux qui détruisent notre pays.
Portez la voix de la justice, exigez des tribunaux pour les criminels, et refusez de vous faire les complices du silence et de la complaisance », a-t-il conclu.
Grégoire Tshiamumanya
